Samedi 28 juin 2008
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En partant du présupposé que nous ne pouvons trouver une langue commune (est-ce possible ?) et de ce fait proposer au
groupe un texte qui nous rassemblerait tous, nous avons décidé de vous proposer une liste des principaux points importants extraits des différentes tentatives d’écriture d’un texte commun et de
nos heures de discussions.
Pour organiser nos réflexions nous nous sommes mis d’accord sur quatre catégories : une présentation générale, l’écriture,
l’atelier et l’animateur.
Présentation générale
Plutôt que de parler d’éthique nous préférons parler des « bonnes »
raisons et des « bonnes » pratiques qui motivent la création d’Interlignes – la mise en place de ce réseau venant répondre à la nécessité et au désir de confrontation des pratiques au
travers d’échanges soutenus et réguliers entre animateurs.
soit la volonté de se positionner sur un mode plus descriptif que prescriptif dans l’idée d’une charte ouverte, non figée et
volontairement incomplète
le désir de regrouper des animateurs professionnels et non professionnels (nous utilisons ces deux catégories en attendant la
définition du groupe professionnalisation)
L’écriture en atelier
l’écriture est un passage à l’acte (voir note de Claire Bastianelli )
l’écriture s’origine du lieu du désir de chacun
écrire c’est un mouvement de soi à soi et de soi aux autres
l’écriture, comme la parole, éloigne et rapproche le monde
l’écriture quête et construit du sens, expression et vision du monde s’y confondent
comme la parole l’écriture est heuristique
l’écriture est un processus cathartique
la pensée s’organise dans le mouvement même de la main qui écrit
l’écriture n’a pas une place dominante par rapport à la parole
l’écriture est publique et n’appartient pas aux clercs et sa mise en chantier dans l’atelier remet en question l’appropriation
exclusive de la langue et de l’écrit par qui en connaîtrait les règles et les arcanes
l’écriture ne doit pas être assigné à une réglementation supplémentaire ni a une posture morale
L’atelier d’écriture
Définition minimale d’un atelier d’écriture : regroupement collectif dans un lieu donné à un moment donné avec des crayons
et des feuilles.
les formes de l’atelier sont variables à l’infini. C’est un dispositif très labile qui peut relever de formes fixes (par
exemple le standard des quatre temps : ouverture-écriture-lecture-commentaires) ou encore être
associé à d’autres pratiques, d’autres champs d’animation
l’atelier est essentiellement politique et subversif en tant qu’il interroge et fait vaciller par la pratique de l’écriture même
les catégories installées de la langue, celles du texte ainsi que les modalités d’accès telles qu’elles sont prescrites par l’école et les institutions en place
L’animateur
il regroupe les participants autour de lui et organise le temps et le lieu de l’atelier
il construit et fait tenir un dispositif collectif avec ses tensions et ses enjeux
il incarne la fonction d’animer et de mettre de l’âme en mouvement
il est garant de ce que le groupe fasse groupe et qu’il s’autorégule
c’est un professionnel du passage à l’écriture
sa pédagogie n’est pas directive et vise essentiellement à proposer des situations qui permettent aux participants d’intégrer
par eux-mêmes et en fonction de leurs attentes, envies, savoirs et méthodes
il veille à ce que chaque participant use de son droit d’écrire sans aucune forme de confiscation
il s’autorise à la fois de lui-même, d’une formation ou d’une expérience préalable qui fait formation
il possède une pratique personnelle d’écriture
il est apte à restaurer le droit pour tous de s’approprier sa propre langue tant à l’écrit qu’à l’oral et de faire progresser
son public dans les voies complexes de l’expression
(Note de Claire)
Bonjour,
Je tenais simplement à demander que l’on enlève un point: “l’écriture est un passage à l’acte”. Ce point avait été discuté en grand groupe et trois personnes sur quatre l’ont réfuté.
“un passage à l’acte” est un concept précis en psychanalyse. Il est souvent réponse inconsciente et rarement posé dans la réflexion, la pensée. C’est tout le contraire de ce que nous
faisons faire en atelier d’écriture et même l’écriture automatique ne relève pas de ce concept. Comme la synthèse a été envoyée sans que je puisse la relire, je me permets de le préciser
Sinon ce n’est plus la synthèse du travail collectif du groupe éthique. Ou alors il convient de préciser que ce point ne reflète que le point de vue d’une personne. Dire qu’écrire c’est
poser un acte de parole ou même un acte tout court n’a rien à voir avec le concept précis de “passage à l’acte”.
Claire.